A quoi sert la « back translation », ou traduction inverse ?

La traduction inverse est un outil de vérification de traduction principalement utilisé pour les traductions médicales. Mais en quoi consiste-t-elle?

La traduction inverse, appelée en anglais back translation est un outil de vérification de traduction consistant à retraduire un texte vers sa langue originale. Mais cette méthode pose bien des problèmes et les prestataires de services de traduction, de même que les historiens et certains écrivains facétieux, ne l’utilisent que dans quelques cas très particuliers…

Une analogie avec les mathématiques

Les mathématiciens utilisent une méthode de vérification de leurs opérations appelée en anglais back calculation : si une opération mathématique est correcte, elle doit pouvoir être effectuée en sens inverse et donner, comme résultat, la valeur de départ (4+3=7 se vérifie en établissant que 7-3=4). La même méthode est parfois utilisée en traduction, ce qui pose un premier problème : là où les symboles mathématiques sont, par nature, univoques, leurs équivalents linguistiques sont souvent polysémiques, ambigus et conditionnés, dans leur valeur sémantique, par un contexte syntaxique.

Une méthode utilisée dans le contexte des traductions médicales

Si la traduction inverse est cependant parfois utilisée pour vérifier des traductions, ce n’est généralement pas le cas pour les traductions marketing ou les traductions financières, mais bien dans le domaine de la traduction médicale. Quand par exemple une traduction porte sur du matériel ayant trait à des tests cliniques, comme ce peut être le cas de formulaires de consentement éclairé, les comités d’éthique et les comités de protection des personnes exigent souvent une traduction inverse.

Une stratégie à laquelle recourent également les historiens

Les historiens utilisent la traduction inverse dans deux cas spécifiques :

  • Lorsqu’un document a disparu dans sa langue originale mais qu’une traduction a survécu. C’est par exemple le cas du roman francophone Manuscrit trouvé à Saragosse dont l’auteur, le Polonais Jan Potocki, publia des fragments au début du XIXe siècle. Or, des parties de ce manuscrit en français s’étant perdues, il fallut les reconstituer en retraduisant vers le français ces mêmes passages à partir d’une traduction en polonais effectuée par Edmund Chojecki quelques décennies plus tard.
  • Lorsque certains éléments d’un texte font supposer qu’il s’agit en fait une traduction. Mentionnons, à titre d’exemple, le cas des contes populaires Till Eulenspiegel dont le texte en haut-allemand contient des jeux de mots qui ne font sens que si l’on retraduit le texte vers le bas-allemand.

Une occasion de rire un peu

Notons encore, pour terminer, le cas particulier de la traduction inverse réalisée par Mark Twain d’une de ses propres nouvelles : se sentant insulté par un journaliste ayant (mal, à son avis) traduit sa nouvelle The Celebrated Jumping Frog of Calaveras County vers le français, il la retraduisit (encore plus mal) pour démontrer à quel point cette première traduction était mauvaise…

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