Interprétation : la chasse aux belgicismes

Alors, nonante ou quatre-vingt-dix ? Septante ou soixante-dix ? Petit-déjeuner ou déjeuner ? Dîner ou souper ? Et la liste est encore longue. Les belgicismes sont toutes ces expressions propres au français de Belgique que les interprètes belges se doivent de faire passer à la trappe à l’heure de proposer leurs services d’interprétation. En effet, la cabine française est particulièrement intransigeante quant aux accents et aux déclinaisons régionales de notre langue, ce qui ajoute une autre difficulté à la pratique de l’interprétation de conférence.

Règle d’interprétation n°1 : je gomme mon accent

Et oui, les Belges ont des accents bien à eux. Ce n’est un secret pour personne dans l’Hexagone. Bien que, soulignons-le au passage, l’accent belge est loin de se limiter à l’accent bruxellois que les Français aiment prendre plaisir à imiter. Il existe en effet une foule de variétés d’accents qui ne peuvent en aucun cas transparaître lorsqu’un Belge offre ses services d’interprétation. Et oui, chers lecteurs, vous avez raison de penser qu’il n’est de tâche plus ardue que d’effacer ses origines linguistiques. Cela demande beaucoup d’entraînement et d’exercices orthophoniques qui feront partie de la formation de tout interprète de notre plat pays.

Règle d’interprétation n°2 : je bannis les belgicismes

Nonante (quatre-vingt-dix), septante (soixante-dix), essuie (serviette), chicon (endive), il drache (il pleut très fort), kot (logement loué à des étudiants), avoir dur (éprouver des difficultés), chique (bonbon), tantôt (tout à l’heure)… Je continue ? Il existe des centaines et des centaines de mots et expressions propres à nos régions. Et aucun d’eux ne peut figurer dans nos prestations en cabine. Soulignons par ailleurs que la plus grande difficulté réside dans la prise de conscience que ces mots et expressions sont strictement belges… Un Belge ne s’en rendra pas toujours compte.

Règle d’interprétation n°3 : je n’oublie jamais mes origines

Le boulot, c’est le boulot. En dehors, c’est autre chose. Lorsqu’un interprète de conférence belge s’assied en cabine française, il enfile une sorte de masque. C’est comme au théâtre : il se met dans la peau de son personnage. Personne ne doit déceler ses origines. Mais dès qu’il éteindra son micro, il pourra s’exprimer à sa guise. Après tout… « Chassez le naturel et il revient au galop. »

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