{"id":3239,"date":"2015-05-07T14:00:47","date_gmt":"2015-05-07T12:00:47","guid":{"rendered":"http:\/\/culturesconnection.com\/?p=3239"},"modified":"2020-09-10T11:33:41","modified_gmt":"2020-09-10T10:33:41","slug":"histoires-de-traducteurs-jean-francois-champollion","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/culturesconnection.com\/fr\/2015\/05\/07\/histoires-de-traducteurs-jean-francois-champollion\/","title":{"rendered":"Histoires de traducteurs : Jean-Fran\u00e7ois Champollion"},"content":{"rendered":"<p><strong>Quatorze ans pour une traduction, le d\u00e9lai est certes un peu long. Mais si le texte en question est la pierre de Rosette, le traducteur est pardonn\u00e9 !<\/strong><!--more--><\/p>\n<p>La <a href=\"https:\/\/culturesconnection.com\/fr\/services-de-traduction\/\">traduction<\/a>, chaque traducteur le sait, est une t\u00e2che glorieuse. Que dire alors du fait de traduire une langue pour la premi\u00e8re fois\u00a0? C\u2019est en tout cas le meilleur moyen qu\u2019on donne votre nom aux lyc\u00e9es de Grenoble, de Dijon, de Figeac, de Lattes, \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Albi et \u00e0 un crat\u00e8re sur la lune\u2026<\/p>\n<h2>Une vie destin\u00e9e aux vieilles choses<\/h2>\n<p>Est-ce que le fait de na\u00eetre d\u2019une m\u00e8re \u00e2g\u00e9e pr\u00e9dispose \u00e0 un go\u00fbt pour les choses anciennes\u00a0? La question se pose dans le cas de Champollion, qui voit le jour en 1790 alors que sa m\u00e8re a 48 ans et qui se passionne tr\u00e8s t\u00f4t pour l\u2019arch\u00e9ologie. N\u00e9 \u00e0 Figeac, il part en 1801 pour rejoindre son fr\u00e8re \u00e0 Grenoble, puis en 1807 il monte \u00e0 Paris pour poursuivre ses \u00e9tudes en latin, grec ancien, h\u00e9breux, arabe, syriaque, chald\u00e9en, persan et copte (parce que prendre des cours d\u2019anglais ou des cours d\u2019espagnol, \u00e7\u2019aurait \u00e9t\u00e9 trop simple).<\/p>\n<h2>Et si je d\u00e9chiffrais les hi\u00e9roglyphes\u00a0?<\/h2>\n<p>C\u2019est en 1808 que Champollion a pour la premi\u00e8re fois l\u2019id\u00e9e d\u2019\u00e9tudier les hi\u00e9roglyphes pour tenter de les d\u00e9chiffrer. Un certain Alexandre Lenoir vient en effet d\u2019en publier un d\u00e9chiffrement aussi complet que fantasque, et la curiosit\u00e9 de Jean-Fran\u00e7ois est piqu\u00e9e au vif. Sa curiosit\u00e9 mais aussi son caract\u00e8re comp\u00e9titif\u00a0: Etienne Quatrem\u00e8re travaille \u00e0 ses <em>Recherches critiques et historiques sur la langue \u00e9gyptienne<\/em>\u2026 Une agence de traduction historique pour en concurrencer une autre, en quelque sorte.<\/p>\n<h2>Les diff\u00e9rentes \u00e9critures \u00e9gyptiennes (pour corser l\u2019affaire)<\/h2>\n<p>Mais sa t\u00e2che de traducteur n\u2019est pas simple. Outre les diff\u00e9rents dialectes coptes qu\u2019il consid\u00e8re comme issus de l\u2019\u00e9gyptien, il doit \u00e9galement \u00e9tudier trois syst\u00e8mes de signes diff\u00e9rents\u00a0: les hi\u00e9roglyphes, bien s\u00fbr, mais aussi les \u00e9critures hi\u00e9ratiques (forme cursive d\u00e9riv\u00e9e des hi\u00e9roglyphes) et d\u00e9motiques (\u00e9volution des caract\u00e8res hi\u00e9ratiques destin\u00e9e \u00e0 rendre l\u2019\u00e9criture encore plus rapide).<\/p>\n<h2>La pierre de Rosette, ma meilleure amie<\/h2>\n<p>En 1809 il commence \u00e0 \u00e9tudier la pierre de Rosette, cette st\u00e8le grav\u00e9e sous Ptol\u00e9m\u00e9e V, en -196 et qui contient un d\u00e9cret en deux langues (grec ancien et \u00e9gyptien ancien) et trois \u00e9critures (hi\u00e9roglyphes, d\u00e9motique et alphabet grec). Mais ce n\u2019est qu\u2019en 1821 qu\u2019il d\u00e9chiffre ses premiers cartouches royaux. En 1822, il se sait capable de d\u00e9chiffrer les noms propres \u00e9gyptiens\u00a0: selon la l\u00e9gende, il aurait alors dit \u00ab\u00a0je tiens mon affaire\u00a0\u00bb avant de tomber dans un coma de plusieurs jours\u2026<\/p>\n<h2>Les hi\u00e9roglyphes, ces petits coquins<\/h2>\n<p>Cette ann\u00e9e-l\u00e0, il d\u00e9crit les hi\u00e9roglyphes comme \u00ab\u00a0un syst\u00e8me complexe, une \u00e9criture tout \u00e0 la fois figurative, symbolique et phon\u00e9tique, dans un m\u00eame texte, une m\u00eame phrase, je dirais presque dans un m\u00eame mot\u00a0\u00bb. Les g\u00e9n\u00e9rations suivantes d\u2019\u00e9gyptologues distingueront trois cat\u00e9gories de signes : les signes-mots (ou id\u00e9ogrammes, d\u00e9signant un objet ou, par m\u00e9tonymie, une action), les signes phon\u00e9tiques (ou phonogrammes, correspondant \u00e0 une ou plusieurs consonnes) et les d\u00e9terminatifs (indiquant le champ lexical d\u2019un mot).<\/p>\n<h2>Le papa de l\u2019\u00e9gyptologie<\/h2>\n<p>C\u2019est en 1824 que Champollion publie son <em>Pr\u00e9cis du syst\u00e8me hi\u00e9roglyphique des anciens Egyptiens, ou Recherches sur les \u00e9l\u00e9ments premiers de cette \u00e9criture sacr\u00e9e, sur leurs diverses combinaisons, et sur les rapports de ce syst\u00e8me avec les autres m\u00e9thodes graphiques \u00e9gyptiennes<\/em>, signant par l\u00e0-m\u00eame la cr\u00e9ation d\u2019une nouvelle discipline\u00a0: l\u2019\u00e9gyptologie.<\/p>\n<p>D\u00e9couvrez notre <a href=\"https:\/\/culturesconnection.com\/fr\/\">soci\u00e9t\u00e9 de traduction<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Traduire une langue pour la premi\u00e8re fois, c&rsquo;est le d\u00e9fi relev\u00e9 par l&rsquo;\u00e9gyptologue et traducteur fran\u00e7ais, Jean-Fran\u00e7ois Champollion. Un travail de longue haleine qui lui aura tout de m\u00eame pris quatorze ann\u00e9es&#8230;  Mais quand il s&rsquo;agit de traduction impossible, rien n\u2019arr\u00eate le traducteur ! [&#8230;]<\/p>\n<p><a class=\"btn btn-secondary understrap-read-more-link\" href=\"https:\/\/culturesconnection.com\/fr\/2015\/05\/07\/histoires-de-traducteurs-jean-francois-champollion\/\">Lire la suite\u2026<span class=\"screen-reader-text\"> from Histoires de traducteurs : Jean-Fran\u00e7ois Champollion<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":20,"featured_media":3241,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_editorskit_title_hidden":false,"_editorskit_reading_time":0,"_editorskit_is_block_options_detached":false,"_editorskit_block_options_position":"{}","footnotes":""},"categories":[132,251],"tags":[79,109],"class_list":["post-3239","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-culture-et-traduction","category-about-translation-fr","tag-traducteur","tag-traduction"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/culturesconnection.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3239","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/culturesconnection.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/culturesconnection.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/culturesconnection.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/20"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/culturesconnection.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3239"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/culturesconnection.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3239\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/culturesconnection.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3241"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/culturesconnection.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3239"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/culturesconnection.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3239"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/culturesconnection.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3239"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}