Les règles d’or pour instaurer ses tarifs en traduction

Vous venez tout juste d’obtenir votre diplôme universitaire et vous aspirez à vous faire un nom dans le monde de la traduction, cependant vous ignorez les tarifs du marché ? Pas de panique ! D’autres freelances sont dans le même cas que vous. Vous trouverez ici tous les éléments à considérer pour votre début de carrière, ainsi que les pièges à éviter.

Quel tarif faut-il proposer lorsqu’on est jeune traducteur ?

Tout d’abord, le tarif d’un traducteur est calculé au mot source (ou au caractère source) dans la plupart des pays (en Allemagne, c’est souvent à la ligne cible). En revanche, le tarif pour la traduction audiovisuelle sera calculé à la minute. Le calcul du tarif pour la traduction littéraire est différent : par exemple, en France, il est calculé selon le nombre de feuillets dactylographiés que comporte la traduction, en plus de bénéficier des droits d’auteurs.

Vos tarifs dépendront fortement du marché dans lequel vous vous êtes établi. En effet, s’il existe un grand nombre de traducteurs possédant les mêmes combinaisons linguistiques que les vôtres, alors vous commencerez avec un tarif assez bas. À l’inverse, s’il n’y a pas énormément de concurrents dans votre secteur, un client ne comprendra pas que vos tarifs soient bas, car plus l’offre est rare, plus les prix sont élevés. C’est pourquoi une évaluation du marché dans vos paires de langues et dans votre zone géographique est primordiale.

Ensuite, beaucoup de facteurs sont déterminants :

  • La complexité du texte : elle varie en fonction de la présence de vocabulaire technique. Normalement, plus un texte est technique, plus le tarif est élevé. En tant que jeune traducteur, il est normal que vous preniez plus de temps à effectuer une traduction technique. La période préparatoire consacrée à la recherche terminologique, à la documentation et à la prise d’information rend la tâche plus longue. Il est néanmoins préférable de ne pas appliquer des tarifs élevés puisque vous débutez.
  • Le délai accordé : l’échéance donnée par le client est primordiale. Il est très fréquent dans le monde de la traduction qu’un projet soit classé « urgent ». Même si vous débutez dans le monde de la traduction, des délais très courts peuvent être demandés et c’est à vous de décider si vous acceptez ou non les projets urgents. Dans ce cas, vous avez la possibilité d’augmenter vos tarifs, car cela suppose un ajustement de votre temps de travail. Il n’est pas rare de demander un supplément de 10 à 20 % selon l’urgence.
  • Le support : un projet à effectuer sur Word ou en PDF ne demande pas le même travail qu’un projet à accomplir sur des documents qui ne sont pas éditables (JPG, PDF scanné, gif).
  • Les services supplémentaires : il est possible qu’un projet ne fasse pas seulement appel à vos talents de traducteurs. Quelquefois, la création d’une base terminologique ou d’un glossaire peut aussi être demandée. Si c’est le cas, il est nécessaire de prendre en compte cette prestation supplémentaire dans le tarif.
  • Les combinaisons linguistiques : à chaque combinaison linguistique correspond un tarif propre (ou une fourchette de prix). On peut comprendre qu’une traduction dont l’anglais est une des deux langues soit moins chère, étant donné qu’il s’agit de la langue la plus traduite dans le monde. Cependant, une traduction du grec vers le slovaque impliquera un tarif élevé, car peu de traducteurs maîtrisent ces deux langues, et il s’agit d’une combinaison linguistique rare.

Les erreurs à ne pas commettre en tant que jeune traducteur

Tout traducteur se doit de trouver le bon équilibre entre un tarif trop bas, et un tarif trop élevé. Beaucoup de débutants font l’erreur de proposer leur service à des prix beaucoup plus bas que ceux du marché : d’abord parce qu’ils veulent absolument trouver des nouveaux clients et développer leur réseau, ensuite surtout parce qu’ils pensent se démarquer. En plus de faire baisser les prix du marché, un tarif trop bas peut démoraliser un jeune traducteur, qui ne touchera pas un revenu suffisant.

Il ne faut surtout pas hésiter à proposer une réduction au client lorsqu’il y a des répétitions dans un texte. Bien que les jeunes freelances aient peur de gagner moins en appliquant cette règle, elle permet au client de reconnaître les professionnels. En effet, le client potentiel n’aura aucun scrupule à chercher un autre traducteur qui promettra cette réduction. De plus, le client n’aurait aucun mal à trouver quelqu’un d’autre, puisque ce procédé est très commun dans l’industrie de la traduction.

Bien évidemment, le tarif avec lequel vous débuterez votre carrière évoluera au fur et à mesure du temps, selon vos expériences et les projets réalisés. Il est important de savoir qu’un tarif de traducteur n’est jamais défini dans le temps. Les débuts sont souvent difficiles, car il faut établir son réseau tout en appliquant des tarifs assez peu élevés. Pour vous aider, vous pouvez trouver une grille de tarifs sur le site de ProZ, en fonction des langues de spécialité et du domaine que vous maîtrisez. Cependant, il ne faut pas oublier que tous les traducteurs sont passés par là et que vous finirez vous aussi parmi les experts.

Laura Le Galliot