Le respect de la confidentialité en interprétation

Le respect de la confidentialité en interprétation, obligation morale souvent incomprise, est primordiale pour les interprètes jurés et de conférence.

L’AIIC, Association Internationale des Interprètes de Conférence, soumet tous ses membres à un Code de déontologie, qu’ils s’engagent à respecter et à appliquer scrupuleusement.

Ce Code invite les interprètes à adopter un comportement responsable dans l’exercice de leur fonction et offre aux clients la garantie d’un travail réalisé avec professionnalisme et éthique et dans le respect de la confidentialité en interprétation. Sur le devoir de confidentialité, il stipule ceci :
« a) Les membres de l’Association sont tenus au secret professionnel total et absolu. Celui-ci doit être observé à l’égard de quiconque et concerne tout ce qui a été appris dans l’exercice de la profession à l’occasion de réunions non publiques.
b) Ils s’interdisent de tirer un profit personnel quelconque de toute information confidentielle qu’ils auraient pu recevoir dans l’exercice de leurs fonctions d’interprète. » *

En interprétation, le strict respect du secret professionnel est de mise. Pourtant, au vu de sa complexité, il est souvent laissé à l’interprétation personnelle.

Définition

L’obligation de confidentialité en interprétation fait interdiction formelle de divulguer, à quiconque, quelque information apprise durant une séance privée. Ce principe doit être respecté avant, pendant et après la tenue de l’événement, et ce jusqu’au décès de l’interprète.

La divulgation porte sur toute déclaration ou document mis à la disposition de l’interprète et constitue l’acte de les partager, volontairement ou non, avec une tierce personne, qu’il s’agisse d’un journaliste, d’un collègue ou d’un proche. Par voie orale ou écrite, la diffusion d’éléments hautement confidentiels est passible de lourdes peines et fera l’objet de circonstances aggravantes si l’infracteur en tire profit.

Cette règle du respect de la confidentialité en interprétation s’applique à toute conférence tenue à huis clos. Il incombe à l’organisateur de l’événement d’inviter la presse ou de publier un compte-rendu s’il souhaite émettre un communiqué public.

Les entreprises de traduction et interprétation se doivent d’adhérer à un Code de déontologie, sans quoi leurs services ne seraient pas pertinents. Les termes du contrat doivent être respectés à la lettre car, en cas d’infraction, l’interprète peut être poursuivi et encourt une sévère sanction.

Quel est l’enjeu ?

Si certaines données sont plus capitales que d’autres, toutes doivent être traitées avec la même rigueur. En effet, une information peut sembler accessoire mais être lourde de sens. Au-delà du contenu, le lieu, la date ou les participants d’une conférence sont tout aussi confidentiels. Par exemple, confirmer ou infirmer la présence d’un dirigeant constitue déjà une information de taille. En outre, il va de soi que publier des photos d’une figure de proue sur les réseaux sociaux caractérise une violation grave de la confidentialité.

Pour se préserver, certaines institutions imposent à leurs travailleurs des politiques de consultation des archives strictes et n’hésiteront pas à leur faire signer un contrat spécifique. Ainsi, il se peut que les interprètes n’aient pas de connexion Internet en cabine et soient obligés de consulter les ordinateurs de l’institution pour se préparer aux séances.

L’interprète juré

Les traducteurs et interprètes jurés font office de vecteur de communication entre un accusé et son avocat et s’engagent à ne divulguer aucune information qui n’ait pas été rendue publique. Leur cas est particuliers car ils ont affaire à la vie privée des clients au quotidien et se doivent de faire preuve de discrétion pour protéger les parties en cause. Comme les interprètes de conférence, les traducteurs et interprètes jurés ne discutent pas d’une affaire en dehors du Tribunal.

De façon générale, la règle d’or est de ne jamais divulguer une information acquise dans le cadre de son emploi. De plus, souvenez-vous que vous n’êtes en aucun cas obligés d’accepter une mission si vous n’adhérez pas au message qui y est diffusé. Enfin, le respect de cette obligation passe avant tout par le bon sens et la conscience professionnelle. N’oubliez pas qu’en respectant les règles déontologiques de votre client, vous gagnerez sa confiance.

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* «  Code D’éthique Professionnelle (Version 2018). » Aiic.net, 26 Feb. 2014, aiic.net/page/6725/code-d-ethique-professionnelle-version-2018/lang/2.