Le jargon anglais dans les institutions européennes

L’Union européenne a publié en mai dernier un rapport bien utile sur la construction et l’usage d’un jargon anglais au sein des institutions qui la composent.  « Au fil des ans, les institutions européennes ont développé un vocabulaire qui diffère de toutes les formes reconnues d’anglais » annonce d’entrée l’auteur du rapport qui pose ensuite -et non sans humour (certainement british)- une série de questions clés : « Qu’entendons-nous par langue anglaise ? Qu’est-ce que cela peut bien faire ? Mais si la propre commission utilise la même terminologie ! » pour finir par fournir une liste alphabétique de plus de 50 pages des principaux mots inexistants ou mal utilisés par ses collègues.

Quel jargon anglais utiliser ?

Le document rappelle que l’anglais est la langue la plus parlée au monde et celle officielle de 88 États et territoires souverains : il en existe donc de nombreuses versions (britannique, irlandaise, américaine, australienne, canadienne, indienne, jamaïcaine, singapourienne, etc.). Les publications de l’Union européenne doivent cependant être compréhensibles en priorité par leur public cible, qui est en grande partie britannique et irlandais, et donc suivre les normes linguistiques du Royaume-Uni et de l’Irlande.

Quelques exemples de mauvais usages…

La liste non exhaustive de mauvais usages comprend  pour chaque mot un paragraphe qui présente un exemple, une explication et des suggestions de rechange. Par exemple, dans le cas du verbe « to assist at » pour « assister à », il faut préférer « to attend »; dans celui du verbe « to precise » il est indiqué que le terme n’existe pas en anglais… ; quant au terme « axis » on découvre que l’usage dans le sens français « d’axe stratégique » est une erreur.  « Cet usage n’existe pas en anglais, où le mot est utilisé principalement dans la géométrie, l’anatomie et la politique (‘les puissances de l’Axe’). Ce terme est particulièrement regrettable au pluriel parce que le lecteur peut le confondre avec le pluriel de ‘hache’ ! », fait remarquer l’auteur. Autre exemple révélateur, celui consacré au mot « agent » : « Un ‘agent’ est normalement quelqu’un qui travaille pour un service de renseignement (la CIA, le Mossad, le MI5) ou une personne qui dirige ou représente un organisme de service (agent de voyage, agent immobilier). Il peut aussi être une personne qui représente les intérêts d’un artiste (acteur, musicien, etc.) ou, de plus en plus, quelqu’un (pas nécessairement un employé direct) qui représente une société dans ses rapports avec le public (agent de billetterie, agent de centre d’appels). Son utilisation pour signifier ‘quelqu’un qui est employé par l’Union européenne à un titre quelconque’ est incorrecte »,  précise le rapport qui conseille vivement d’utiliser les termes « staff, employee ou official ».

Pour les traducteurs, la lecture de ce document est une source précieuse d’information et confirme, par ailleurs, l’impression parfois éprouvée face à un texte émanant d’un organisme international d’avoir à réaliser le double effort de passer d’un jargon spécifique à l’anglais pour pouvoir ensuite procéder à sa traduction.

Découvrez notre agence de traduction