Interview : interpréter à une conférence médicale sur l’obésité

Cultures Connection a sélectionné plusieurs interprètes en simultané dans le cadre d’un évènement du secteur médical, organisé par une entreprise pharmaceutique spécialiste des maladies chroniques telles que l’obésité, le diabète et les maladies endocriniennes. Lors de cette conférence, six langues étaient parlées et il fallait deux interprètes par langue. Lucie Bransten*, une interprète tchèque qui faisait partie de l’équipe, a accepté de répondre à nos questions. Cet évènement consacré à l’obésité s’est tenu dans la salle de congrès du Digital Knowledge Village à Varsovie, en Pologne. L’objectif de cette rencontre, impliquant des professionnels de la santé de six nationalités différentes, était d’échanger sur les différentes manières de traiter l’obésité. Plusieurs domaines ont été évoqués, notamment la diabétologie, la gynécologie, la pédiatrie et la psychologie.

– Depuis combien de temps êtes-vous interprète, et quelles sont vos langues d’expertise ?

-Je travaille en tant que traductrice assermentée près des tribunaux depuis 1997 et en tant qu’interprète de conférence depuis 2000. Mes langues d’expertise sont l’anglais (B), l’allemand (B) et le russe (C), le tchèque étant ma langue natale.

– Aviez-vous déjà participé à une conférence en Pologne, ou s’agissait-il de la première fois ?

– Avant cet évènement, j’ai eu l’occasion de visiter la Pologne plusieurs fois. Toutefois, c’était la première fois que je travaillais avec des professionnels polonais dans le cadre du travail. J’étais impatiente de voir comment cela se passerait. Tout s’est déroulé sans incident, notamment car l’évènement avait été bien préparé. L’équipe des organisateurs et mes collègues étaient très chaleureux et performants à la fois.

– Quels sont vos principaux domaines de travail, et lequel préférez-vous ?

– En tant qu’interprète assermentée près des tribunaux, je suis spécialisée dans l’interprétation juridique. Cependant, tout au long de ma carrière, déjà longue, j’ai acquis des compétences dans d’autres domaines comme la médecine, l’économie, les affaires européennes, l’automobile, et même la sécurité radiologique. Malgré tout, les sujets qui me tiennent à cœur ont toujours été les arts visuels, la culture, la musique et le théâtre.

– Quels sujets ont été abordés lors de cette conférence ? Étaient-ils intéressants ?

– L’évènement a tenté de démêler les causes de l’obésité dans la société moderne, d’illustrer les nombreux effets secondaires causés par cette maladie et d’aborder ce sujet difficile du point de vue de la prévention et du traitement. Étant moi-même une femme, j’ai été fascinée par la participation d’une chercheuse en gynécologie endocrinienne ukrainienne, qui a évoqué le traitement de l’obésité du premier cycle menstruel jusqu’à la ménopause.

– Avez-vous reçu des documents pour vous préparer avant la conférence, comme des présentations ou des références de sites internet ? Comment vous êtes-vous préparée ?

– Il est primordial, pour nous autres interprètes, de recevoir des documents de référence, tels que des présentations et la liste des intervenants. Il est très difficile d’interpréter lors d’un évènement scientifique. Étant donné que des hypothèses scientifiques sont émises et que de nouvelles découvertes sont présentées, la compréhension de la présentation par les participants dépendra de nous, les interprètes. J’ai eu la chance de travailler avec une agence d’interprétation qui a su faire preuve de professionnalisme et qui connaît les besoins du marché. Par conséquent, ils m’ont fourni le matériel et les outils nécessaires.

Comment décririez-vous l’atmosphère lors de cette conférence ?

– L’atmosphère était très professionnelle, bien que chaleureuse. Tous les gens se montraient extrêmement serviables et encourageants.

– Comment avez-vous vécu l’expérience de travailler sur place avec des interprètes d’autres pays en pleine pandémie du COVID-19 ? La crise sanitaire a-t-elle affecté la conférence ?

– La pandémie du COVID-19 a eu un énorme impact sur nos vies, surtout lors de la première année, où aucuns vaccins n’existaient et où notre vie professionnelle a été mise sur pause. Cependant, depuis que des mesures sanitaires sont mises en œuvre, nous pouvons nous réunir et travailler sur place lors des conférences. Tous les interprètes des différents pays étaient vaccinés, portaient des masques de protection, et maintenaient une distance sociale. Nous étions très contents d’être présents lors de cette conférence et nous avons pu échanger brièvement. Nous avons également été en mesure de prendre des photos dans les cabines d’interprétation.

– Qu’avez-vous préféré lors de cette conférence ?

– J’ai apprécié l’équipement d’interprétariat, doté d’un son de grande qualité, qui nous a été fourni. Les cabines d’interprétation, les consoles, les transmetteurs, les récepteurs, ainsi que tout le matériel informatique et les logiciels mis à disposition étaient excellents, adaptés à tous types d’évènement international.

– Existe-t-il une conférence ou une organisation de renom avec laquelle vous aimeriez-travailler ?

– En tant que lectrice passionnée de romans policiers et experte en interprétation juridique, j’ai toujours rêvé de travailler pour une agence internationale de justice pénale ou un organisme chargé de l’application de la loi, par exemple Europol** !

 

*Lucie Bransten vit à Prague. Elle a étudié l’interprétation de conférence, la littérature, les beaux-arts et le droit. Ces missions précédentes comprennent des évènements en Allemagne, aux États-Unis, en Belgique, en Italie, à Chypre, et en République Tchèque.

**Europol est une agence européenne de police criminelle. Son siège social se trouve à La Haye, aux Pays-Bas.

Traduction : Laura Le Galliot