Correction, révision, relecture, édition : kézako ?

L’importance de la terminologie de la traduction : définissez ces concepts et communiquez avec votre client pour éviter les mauvaises surprises !

La question

Correction, révision, relecture, quelle réalité sous ces concepts : ou de l’importance de la terminologie de la traduction.

Voici une question à laquelle les traducteurs, rédacteurs et autres spécialistes de la localisation, pourraient réagir avec un léger haussement de sourcil péjoratif, la qualifiant de « marronnier », terme d’argot journalistique qui désigne un sujet traité à intervalles réguliers, parfois pour combler une période creuse… Alors, pourquoi choisir ce thème ? Tout simplement parce qu’il est important pour nous traducteurs et professionnels des relations entre les cultures ; et que tout débutant a dû tomber, au moins une fois, dans le traquenard du flou artistique qui entoure ces notions, d’où l’utilité d’une tentative de clarification, car c’est une chose que l’on ne vous apprend ni à l’ESIT, ni l’ISIT, ni à l’ISTI et que vous apprenez « sur le tas » et à vos dépens !

Qu’ai-je fait la première fois qu’il m’a été demandé de « revoir » une traduction, sans autre précision ? Je me suis tout d’abord lancée dans une comparaison exhaustive du texte source et de sa traduction, pour détecter les erreurs de sens, incohérences, omissions ou erreurs terminologiques. Ensuite, j’ai soigneusement vérifié le style, l’orthographe, la grammaire, la ponctuation, la typographie et j’en passe, du texte cible ! Mon client était content de moi, mais trouvant un peu maigre ma rétribution pour un travail si complet, j’ai réclamé une rectification du montant du devis initial. On m’a répondu que j’avais fait du zèle et on a eu raison… La morale de cette histoire, c’est qu’il faut non seulement définir les concepts, mais également s’assurer que votre donneur d’ordre les définit comme vous.

Les concepts : correction, révision, relecture

Afin de trouver des éclaircissements, une fois pour toutes, je me suis livrée à une recherche sérieuse et approfondie fondée sur des sources nombreuses et parfois contradictoires (ce qui, dans un premier temps, a quelque peu augmenté mon trouble), aussi je vous livre ici ma petite synthèse, volontairement simplifiée, car vous l’aurez deviné chaque institution, organisme, société cultive son propre jargon et ses petites manies !

Il découle de la compilation de ces nombreuses sources, que la « correction » d’une traduction comporterait deux étapes successives d’importance égale : d’abord la révision, ensuite la relecture.

La révision est l’examen comparatif et minutieux de la source et de la cible pour détecter les contresens, non-sens, faux sens, omissions et erreurs terminologiques (à ce sujet vous pouvez consulter l’ouvrage suivant).

La relecture implique la vérification de l’orthographe, de la grammaire, de la typographie, des erreurs de ponctuation et de frappe. Voilà, c’est aussi simple que cela.

L’enjeu

Quelle conséquence pratique, me direz-vous ? Je vous répondrais prosaïquement : une conséquence économique de taille. D’après les avis recueillis sur les blogs, forums et sites Web professionnels divers, une révision devrait se facturer environ 50 % du prix de la traduction et une simple relecture, 25 % à peu près… J’espère donc vous avoir convaincu d’éclaircir avec votre client ce qu’il entend par correction, révision, relecture ou édition (ce dernier terme étant à mon avis un affreux anglicisme créateur de confusion), car l’usage de ces mots, même parmi certains professionnels de la traduction n’est pas figé, d’où le risque de malentendu. Je ne sais pas si c’est une consolation, mais il semble que la terminologie anglaise soit tout aussi imprécise. Sauriez-vous dire ce que vous demande exactement votre agence de traduction anglo-saxonne lorsqu’elle vous sollicite pour un proofreading, editing, revision ou correction job ? Sommairement, proofreading serait l’équivalent de relecture, alors qu’editing, copy-editing et revision seraient les équivalents de révision.

Un petit conseil pour conclure ? Communiquez avec votre client, vous éviterez les surprises désagréables !

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