Comment dire non à un projet de traduction ?

Dans mon post précédent, un commentaire très juste de l’un d’entre vous mettait en évidence que mon article faisait l’objet d’un oubli, je cite: « ne dites pas simplement non mais EXPLIQUEZ à votre client les raisons pour lesquelles vous refusez ce travail ». En effet je promeuvais le « savoir dire non » mais ne m’étendais par sur la question du « Comment dire non à un projet de traduction ? ». Une fois la volonté de dire « Non » bien en place, encore faut-il avoir les armes et les mots pour formuler cette volonté.

Il y a évidemment plusieurs cas de figure, et surtout plusieurs paramètres à prendre en compte en amont, mais admettons que vous ayez vraiment décidé de dire « Non » à ce projet de traduction. Voici les solutions dans l’ordre croissant de notre préférence.

#1 – Radical, on ne répond pas au mail…

Suite à la conversation engagée sur Linkedin au sujet de mon précédent post, une des solutions proposées par un membre est simplement de laisser passer la requête du client.

Avantage(s)Inconvénient(s)
C’est efficace et vous ne vous prenez pas la têteQuid de la réaction de votre client qui se souviendra probablement de cette absence de réponse et qui vous trouvera un substitut pour ce projet de traduction… et peut-être ceux à venir
Cela peut passer pour un manque de professionalisme de votre part. Vous pourrez difficilement faire croire au client que vous n’avez pas vu son mail

#2- Délicat, on explique la raison du refus.

Soyez clair sur la raison qui vous pousse à refuser un projet de traduction: le temps imparti est insuffisant, la source est de très mauvaise qualité, les glossaires et terminologies sont insuffisants pour la spécialité, etc.

Avantage(s)Inconvénient(s)
Vous êtes transparent(e) et honnêteVous risquez d’ouvrir la porte à la négociation. Votre disponibilité immédiate (prouvée par la réponse à la sollicitation), permet au client de s’engouffrer dans la brèche et il tentera de vous convaincre. Contrairement au « silence radio » du #1
Votre réactivité sera remarquée

#3 – Mieux, vous faites ce qui est préconisé en #2 et proposez une solution au client

Par exemple: « Je ne peux m’engager sur ce projet mais je vous conseille de contacter les personnes suivantes de ma part: tdupont@gigamail.com, pmartin@supergigamail.com, spierrot@jenaimarredesmails.com ».

Agrémenter votre réponse d’une formule du type « Bonne chance dans votre recherche ! » et vous devenez compatissant(e) tout en donnant la sensation que vous vaquez à d’autres occupations et par conséquent, que vous n’êtes plus disponible pour poursuivre l’échange.

Avantage(s)Inconvénient(s)
Vous êtes plus insistant(e) sur votre refus en passant déjà à l’étape de la proposition. Cela vous permet de « passer l’envie » au client de vous « challenger » ou de négocierSi les contacts que vous avez donné ne peuvent pas prendre le projet, le client risque de revenir vers vous en « rechignant » et en vous suppliant de vous en charger. C’est un risque à prendre en compte. Vous pouvez toujours essayer d’envoyer une deuxième salve de contacts
Proposer une solution est un geste toujours apprécié du client (il ne pourra pas vous en vouloir)
Vous lui prouvez une fois de plus que vous êtes réactif(ve) et marquez donc des points !
Vous pourrez miser sur un « effet boomerang » de la part de vos collègues qui apprécieront le geste et vous renverrons probablement la balle un jour ou l’autre
Vous faites les choses « en douceur » et de manière subtile

Et si cela ne marche pas ?

Que faire si le client est très insistant ? Admettons que le client soit un dur à cuire et qu’il ne veuille pas « lâcher l’affaire ». De votre côté, vous êtes trop poli(e) pour terminer la conversation sur un blanc ou sur une réponse trop sèche qui pourrait le froisser. Dans ce cas, attrapez votre téléphone, rien ne sert de s’éterniser en échangeant 50 mails. Expliquer à nouveau oralement et fermement au client la raison du refus peut s’avérer très efficace, en tout cas bien plus que de « simples » mots en noir sur fond blanc qui font parfois preuve d’un « vide émotif » et qui font donc l’objet d’une incompréhension (mutuelle ou non). Si vous n’êtes pas à l’aise avec cet exercice téléphonique, dites-vous que c’est vous qui prenez les devants et que vous êtes en position de force, cela devrait vous donner suffisamment de courage !

N’oublions pas que refuser un projet de traduction est souvent un luxe dans notre industrie. Si vous pouvez vous le permettre, je vous dis « bravo » !

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